Résilience ou résurrection ?

Résilience ou résurrection ?

Résilience ou résurrection ?

 

       Depuis bientôt trois ans et la crise du Covid-19, un certain nombre de mots
nouveaux qui, jusque-là étaient réservés à un vocabulaire technique sont passés
dans notre langage courant. Ainsi faisons-nous des réunions en présentiel ou par
Zoom, sommes-nous au fait des vaccins ARN messager, des variants, des clusters, des cas contact, sans parler de l’affreuse distanciation sociale ! Et parmi toutes ces expressions, un terme venant de la psychologie semble s’installer durablement : la résilience.

       La résilience désigne le phénomène psychologique qui consiste à prendre acte d’un traumatisme de sorte qu’il ne prenne pas le dessus sur notre existence, pour ensuite se reconstruire. L’image qui est souvent utilisée est celle de ces vases japonais qui sont brisés et qu’on recolle avec de l’or. Ce phénomène qui est devenu une valeur est aujourd’hui à la mode dans notre société où chacun se considère comme une victime et où il est mal perçu de s’effondrer ou de ne pas passer outre nos traumatismes. Mais elle a la fâcheuse tendance à mettre en exergue les cicatrices et à entretenir une certaine fierté : « voyez à quel point je suis fort ! », ou bien à devenir moralisante : pas question de s’apitoyer, il faut être positif et toujours se battre !

          La fête de Pâques, elle, nous parle de la résurrection. Cet événement, il est fondé sur un choc, un traumatisme : la mort de Jésus le Christ sur la croix. En réponse à cette mort ignominieuse, la résurrection peut être perçue comme une résilience : Jésus prendrait acte de ses blessures et de sa mort et dépasserait cet événement en ressuscitant. Les disciples aussi feraient preuve de résilience : suite à la mort de leur maître, ils le voient au cœur de leur désarroi et dans des gestes du quotidien comme celui de rompre le pain ; et cette confiance-là les pousse à témoigner jusqu’au bout du monde.
          Or la résurrection est beaucoup plus qu’une résilience. La résurrection ne prend pas acte de la mort pour mieux la vivre et l’accepter, mais elle vient mettre un terme à sa logique. Lorsque Jésus se relève de son tombeau, l’empire de la mort est définitivement vaincu par la puissance de vie, d’amour, de grâce qui nous est offerte.
           A Pâques, nous ne sommes pas des vases brisés dont on a recollé les morceaux et dont on admire les cicatrices, mais nous sommes de nouveaux vases façonnés par les mains de Dieu lui-même. Il ne s’agit pas de s’adapter à la mort mais bien de proclamer qu’elle n’a plus le dernier mot, qu’elle n’est pas la maîtresse de notre vie. Nous ne nous contentons pas d’accepter la mort mais nous proclamons que nous sommes vivants parce que Dieu lui-même, en Jésus-Christ, est l’éternellement vivant.
           Joyeuses Pâques à toutes et à tous !

 

Pierre-Adrien Dumas

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