La vitalité de la pensée
La vitalité de la pensée
A mon retour de congés, alors que je venais de traverser une France brûlée par la canicule de cet été, depuis les forêts cévenols déjà rouges en août jusqu’à la forêt de Fontainebleau calcinée, en passant par la Limagne jamais aussi sèche et
enjambant le Cher quasiment à sec, une surprise m’attendait au presbytère : une petite pensée. Non pas une attention ou une prière à mon égard. Non, tout simplement une fleur, aux tons violets et au cœur jaune, qui rayonnait de joie entre la façade et le goudron. Elle avait puisé sa fraîcheur et sa douceur à quelques gouttes d’eau et dans un peu de poussière.
Je me suis dit que tout n’était pas perdu !
Alors j’ai pensé à ces femmes, ces Marie venues à l’aube de Pâques enveloppées de voiles de deuil. Elles aussi pensaient qu’il n’y avait plus d’avenir, que la terre de leur foi et de leur espérance n’aurait plus jamais suffisamment d’eau. Que leur cœur allait sécher maintenant que celui qui leur donnait tant de raison de croire en la vie était mort, enfermé dans un tombeau. Il a suffi que la vie jaillisse entre deux pierres pour que s’ouvre une nouvelle ère.
En ce début d’année scolaire, puissiez-vous, chers frères et sœurs, aller puiser – parfois là où cela semble impossible – la fraîcheur nécessaire pour rayonner de joie et d’espérance. Puissiez-vous être comme ma petite pensée qui est bien modeste mais qui m’a redonné le sourire. Puissiez-vous vous placer à la suite des Marie qui depuis lors fondèrent leur existence dans ce cri de victoire face à la mort : « Le Seigneur est vivant ! »
Pierre-Adrien Dumas